Ces dernières semaines, j'ai eu l'impression d'être avalée par mon quotidien, à tel point que je ne pensais jamais revenir ici vous écrire quelques lignes. Mais j'ai profité de la douceur de mai pour repenser le format de cette newsletter, en joyeux bazar de recommandations culturelles. Nouveau rendez-vous, à picorer - ou dévorer c'est selon.
La vérité, c'est que j'ai failli ne pas revenir ici. Pas parce que je n’avais rien à dire, non, j'avais trop à dire, et ça, paradoxalement, ça paralyse autant que le vide.
Ces derniers mois ont eu cette texture particulière des périodes où on avance à toute allure sans trop savoir pourquoi ni vers quoi. Et puis mai est arrivé, avec ses ponts, mon potager qui prend vie sous mes yeux et le bruit des oiseaux en fond sonore. J'ai un rez-de-jardin maintenant, drôle de nom, mais le chien adore, et moi aussi.
On a même fait des promenades en forêt pour voir les chevaux
C'est de là que je vous écris.
Je profite de la douceur des ponts de mai pour faire évoluer le format de cette newsletter. Fini les thématiques qui me faisaient triturer le cerveau pour que le podcast couvre bien le même sujet que le film. Désormais, cette newsletter sera un joyeux bazar avec ce que je sais faire de mieux : des recommandations culturelles. Il y aura de tout : des films, des séries, des vidéos Youtube, des livres bien sûr, des épisodes de podcasts, des documentaires et même peut-être des articles de presse. Sans case, ni contrainte, juste le plaisir de vous partager les contenus que j’ai consommés récemment et que je vous recommande.
On commence sans plus attendre. Voici ma liste de recommandations culturelles du mois de mai. N’hésitez pas à garder ce mail bien au chaud dans votre boîte de réception pour y revenir quand vous aurez le temps et l’envie de consommer ces contenus.
Je chante et la montagne danse, d’Irène Sola : ce livre, je l’ai acheté par hasard à Ombres Blanches (aka la meilleure librairie de Toulouse, je veux rien savoir). Au début, j’ai plongé dans ces pages un peu à reculons, tant le livre était mystérieux. Mais une fois que je me suis laissée happer par la poésie de ce livre, que dire à part WOW. Tout se passe dans un petit village perché en haut des Pyrénées, du côté espagnol. Entre les légendes catalanes, on découvre au fur et à mesure des pages, l’histoire d’un petit village entre drames, histoires d’amour, alliances et conflits de voisinage.
Sortir de la maison hantée, de Pauline Chanu : j’avais adoré sa série diffusée sur LSD, Les Fantômes de l’hystérie, alors il FALLAIT que je lise son livre et pour cause, c’est une réussite. Dans cet essai, Pauline Chanu explore l’hystérie : comment cette maladie, qui n’existe pas, a-t-elle pu être posée comme diagnostic à tant de femmes ? Comment se fait-il que la figure de “la femme hystérique” perdure encore en big 2026 ? Et surtout, comment la contrer ? Si vous avez aimé Mon vrai nom est Elisabeth, d’Adèle Yon, ce livre en est la prolongation et je vous le conseille vivement.
Pardonner à nos mères, de Claire Richard : est-ce que vous vous êtes déjà dit “Je ne serai jamais comme ma mère” ? Si oui, alors cet essai est pour vous. Ici, Claire Richard aborde la matrophobie, c’est-à-dire la peur des filles de devenir comme leur mère. La mère en littérature est un sujet qui me fascine (dois-je vous rappeller que mon coup de coeur 2025 est La bonne mère de Mathilda di Matteo ?), alors évidemment, je ne pouvais que craquer pour cet essai. Pourquoi les filles en veulent-elles tant à leur mère ? Pourquoi cette relation, souvent idéalisée, se révèle-t-elle parfois si douloureuse ? Si vous voulez explorer cette thématique, foncez vous procurer ce livre.
Sorry, Baby : c’est un premier film et j’adore les premiers films. Je trouve qu’ils racontent quelque chose du réalisateur et qu’il y a une certaine fragilité, une certaine naïveté qui ne se retrouvera dans aucune autre oeuvre. Dans ce premier film, Eva Victor parle d’Agnes. Elle est prof de littérature, elle vit seule dans un chalet proche de la forêt. Au premier abord, elle paraît comblée. Mais il y a quelques années, elle a vécu quelque chose de très grave et personne, à part sa meilleure amie, n’est au courant. Comment surmonter ce drame et pouvoir redonner sa confiance aux autres, et notamment aux hommes ? Attention, trigger warning, on parle d’agressions sexuelles dans ce film.
Une bataille après l’autre : j’imagine que j’enfonce des portes ouvertes et que la plupart d’entre vous a déjà vu ce film. À titre personnel, je n’étais pas allée le découvrir au cinéma à sa sortie parce que la thématique ne me parlait pas. Et bien quelle erreur ! C’est probablement le meilleur film que j’ai vu pour le moment en 2026. Le film est extrêmement bien rythmé, les personnages sont attachants, c’est drôle et tragique à la fois, soit la recette du succès pour moi. Et c’est à découvrir sur MyCanal.
Die My Love : si vous avez aimé We need to talk about Kevin, et bien Lynne Ramsay a remis ça en sortant un nouveau film autour de la maternité et il faut absolument courir aller le voir en salles. Déjà parce que Jennyfer Lawrence est somptueuse dedans et surtout parce qu’il aborde un sujet, déjà essoré au cinéma, mais d’une façon nouvelle : le post-partum. Dans ce film, on ne va pas parler du post-partum comme d’une tristesse mais plutôt d’une psychose. C’est passionnant, et je vous avoue que ça fait aussi un peu flipper en tant que femme à l’aube de la trentaine.
The Pitt : qui a dit que les séries médicales étaient essorées ? Pas le producteur de la série Urgences, en tout cas, qui a remis le couvert avec The Pitt. Personnellement, en cliquant sur lecture, j’étais déjà un peu blasée, lassée par les 150e saisons de Grey’s Anatomy et de Dr House. Mais je dois vous dire que j’avais tort. Dans cette série, on suit une garde complète aux urgences d’un hôpital de Pittsburg. Chaque épisode équivaut à une heure de garde et c’est ultra ADDICTIF. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que ça aborde plein, mais alors plein de thématiques sociétales actuelles : l’ICE, le droit à l’avortement, le trafic d’êtres humains, le tout sous fond d’histoires d’amours internes / médecins, et ça, on adore.
Kyiv est une fête : Max Laulom a remis ça. J’avais déjà adoré son premier documentaire, filmé à 100% à l’iPhone, où Max, journaliste, revenait aux États-Unis 10 ans après son année d’échange pour découvrir comment et à quel point l’Amérique avait changé. Dans son nouveau documentaire, disponible gratuitement sur Youtube, Max s’interroge : est-ce que les jeunes ukrainiens font la fête, même en temps de guerre ? Pour le savoir, il s’est rendu sur place, à Kyiv. On y apprend que oui, les jeunes font la fête, mais différemment, au rythme de la guerre. Tout est habité par un Carpe Diem vertigineux : ils peuvent mourir demain, alors ils vivent ce soir. Disponible gratuitement sur YouTube, à voir sans plus attendre.
Inside the Manosphere : ça ne vous aura probablement pas échappé, les idéologies masculinistes conquièrent de plus en plus les jeunes hommes, et je ne sais pas vous, mais personnellement ça me fait flipper. Pour comprendre comment et pourquoi, Louis Theroux est allé à la rencontre de créateurs de contenus qui vulgarisent et publient quotidiennement des contenus masculinistes. C’est passionnant, et terrifiant à la fois, et c’est à voir sur Netflix.
Le secret de ma mère : attention, alerte coup de coeur. J’ai écouté cette série de 3 épisodes du podcast Passages et comment dire, je n’arrive pas à m’en remettre depuis. Dans ce podcast, on va suivre l’histoire de Maria, qui a fait deux dénégations de grossesse. Une dénégation de grossesse, ce n’est pas un déni de grossesse, c’est-à-dire que Maria savait qu’elle était enceinte mais refusait de l’admettre et pensait que si elle n’en parlait pas, elle n’accoucherait pas. Finalement, elle a donné naissance à deux filles : la première fille, elle l’a gardée ; la seconde, elle l’a abandonnée. Et pendant 26 ans, elle a fait comme si cette nuit-là n’avait jamais existé. Au micro, on entend tour à tour Maria, mais aussi Claire, la première fille de Maria, et Sam, son second bébé, qui a tout tenté pour retrouver sa trace.
C’était la quatorzième édition de Bonjour Culture, j’espère que ce nouveau format vous a plu. Si vous avez des retours, n’hésitez pas à m’écrire à : amaandine.peyre@gmail.com (oui, avec deux “a”, l’autre n’était pas dispo).
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