Petite, j'adorais l'été. Mais ce qui était il y a quelques années ma saison préférées est devenu le moment le plus redouté de l'année. Entre logements bouilloires, sentiment de fin du monde et épisodes caniculaires, voici de quoi lire, écouter, regarder sur l'éco-anxiété.
Avant, l’été, pour moi, c’était synonyme de liberté. Je passais les deux mois d’été dans ma maison familiale à Toulouse, avec mes grands-parents. On cuisinait de la confiture à la pastèque et des salades de riz, de temps en temps, on faisait des barbecues en s’engueulant parce que ça ne prenait pas suffisamment vite, et je passais tout mon temps à lire et lézarder au bord de la piscine.
Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, l’été est la saison que je redoute le plus dans l’année.
Parce que peu importe les appartements dans lesquels j’ai vécus, l’air est devenu irrespirable au fur et à mesure des années.
Parce que mon petit chien, qui ne vit que pour courir et sauter dans l’herbe, est condamné à vivre ses jours d’été dans le noir, étalé au sol pour trouver un peu de fraîcheur.
Parce que le soleil qui dorait ma peau - une sensation auparavant agréable, synonyme de vacances et de bronzage à parfaire - est devenu une brûlure, une sensation d’entrer dans un four avec des lampes infrarouges au-dessus de ma tête.
Et donc, j’ai commencé à m’inquiéter de la suite. Le réchauffement climatique n’est une nouvelle pour personne. Oui, il fait plus chaud qu’avant. Et oui il va faire plus chaud encore. +4°C d'ici à 2100, c’est le scénario pessimiste, mais ô combien plausible du gouvernement. Une folie.
Une folie qui me fait craindre le pire et qui a fait naître en moi un mot que je connaissais jusqu’alors assez peu : l’écoanxiété. D’après une étude menée par The Lancet Planetary Health en 2021, 84% des jeunes de 16-25 ans sont inquiets face au réchauffement climatique. Plus de la moitié se sentent en colère, coupables ou impuissants.
Et moi aussi, je me sens coupable. J’ai la sensation de participer à quelque chose que je dénonce.
J’adore voyager. C’est même LA raison pour laquelle je me tue au travail. Les vacances, les voyages, ça arrive comme une récompense. Alors, oui, je continue de prendre l’avion. Mais moins souvent.
Je pars plus souvent en France, j’ai d’ailleurs découvert de super régions comme l’Auvergne et ses volcans magnifiques, les Pyrénées, la ville du citron (Menton), les parfums de Grasse et la douce vie à Annecy. Je me réserve encore le “droit” de partir ailleurs une fois par an, pour vraiment déconnecter.
À côté de ça, je ne mange quasiment pas de viande. Je me déplace en transports en commun au quotidien. Je consomme peu d’électricité (merci, le 5ème étage et le chauffage qui remonte l’hiver).
Alors bien sûr, c’est pas parfait, mais j’estime déjà agir à mon échelle. Pourtant, il me reste un goût d’inachevé. Et surtout, une très grosse peur de ce qui nous attend.
L’écoanxiété, c’est un mot nouveau, une sorte de détresse ressentie face aux changements climatiques et à notre impuissance. À quoi ça sert de faire des études ou de travailler si on est tous condamnés à mourir de chaud ? Peut-on encore avoir des enfants dans ce monde qui est en train de brûler sous nos yeux ? Est-ce que nos aînés sont responsables ? Peut-on encore agir et renverser la tendance ?
C’est ce qu’on va essayer de découvrir dans cette nouvelle édition de Bonjour Culture. Alors voici de quoi lire, écouter, regarder pour tout comprendre sur l’écoanxiété.
📚 Lire - Le Déluge, de Stephen Markley
...